Billets du mois: janvier 2016


Rénovation du Blosne : pas sans les coopérateurs

Ils avaient participé à l’élaboration du projet de rénovation du Blosne, comme « ambassadeurs ». Ceux qui s’appellent désormais des « coopérateurs » veulent être associés à sa réalisation.

« Pas sans nous. » C’est le nom d’un collectif national mobilisé pour les projets de développement urbain. C’est aussi le cri du cœur d’un groupe de riverains du Blosne (une cinquantaine), regroupés au sein d’un groupe qui s’appelle les « coopérateurs », d’ailleurs reliés au collectif national.« Pas sans nous », pour la réalisation de l’imposant projet de rénovation du Blosne, notamment à l’est du quartier, présenté récemment (Ouest-France du 27 janvier). Les coopérateurs sont d’autant plus mobilisés qu’ils avaient participé, comme ambassadeurs bénévoles, à la concertation développée pour l’élaboration du projet.

Plus de nouvelles

Mais, depuis deux ans, ces anciens ambassadeurs sont inquiets de ne plus avoir de nouvelles, alors qu’ils ont vu les travaux démarrer sans eux. Un comble pour ces personnes qui, sur le fond, sont plutôt favorables à la rénovation. Qui ne sont pas des irresponsables, mais plutôt des personnes désireuses d’apporter leur pierre à l’édifice de la cité. Des citoyens qui font de la« fabrication citoyenne » sans en revendiquer le terme, qui pratiquent du contre-pouvoir à l’ancienne : vigilance et, si besoin, contre-proposition… Bref, estimant être confrontés à un mur de silence, ces coopérateurs ont décidé de passer à l’action. Le 4 juillet dernier, Claude Schopp, l’un de leurs porte-paroles, avait pris la parole à l’issue d’une visite officielle dans le Blosne, en présence de la maire et du préfet. Il avait demandé l’aménagement d’un espace de concertation, baptisé maison du projet, au cœur du chantier de rénovation. Depuis, selon les coopérateurs, plus de nouvelles.

Au printemps 2017

Alors, le groupe a décidé d’écrire au préfet, le 12 janvier, pour déplorer l’absence d’ouverture de ce lieu d’information et de suivi des projets, pourtant prévu par la loi de programmation pour la ville et la cohésion sociale du 21 février 2014 :« Chaque projet de renouvellement urbain prévoit la mise en place d’une maison du projet permettant la coconstruction du projet dans ce cadre. » Contacté mercredi, Éric Berroche, adjoint délégué aux quartiers Blosne-Bréquigny, a assuré qu’une« maison du projet serait ouverte, place de Zagreb, au printemps 2017 » et qu’en attendant« des mesures transitoires de concertation seront prises » . L’élu nous a également déclaré que tous les commerçants des centres Torigné, Landrel et Sainte-Elisabeth seraient consultés individuellement pour l’avenir du commerce dans le Blosne-Est. Ils sont désormais intégrés dans la zone d’aménagement concerté (Zac). Mercredi soir, lors d’une réunion avec les acteurs du quartier qui a duré trois heures, au pôle social du Blosne, Éric Berroche a renouvelé cette proposition de maison de projet et annoncé une commission« projet urbain » au sein du conseil de quartier. Un peu rassurés, les coopérateurs vont continuer à veiller au grain.« Les déclarations, c’est bien, mais les actes, c’est encore mieux », souligne André Sauvage. Éric Berroche, qui déclare préférer« l’impatience et l’exigence à l’allégeance et l’indifférence » , ne devrait pas être déçu… si rien ne bouge.

Éric CHOPIN.

Contact
des « coopérateurs » : leblosneavenir@gmail.com ; comité de quartier, 1, square de Nimègue, 35 200 Rennes.
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Le quartier du Blosne en chantier jusqu’en 2030

Article paru dans Ouest-France le 27 janvier 2016

La rénovation urbaine concerne d’abord l’est du quartier, d’ici 2020. Nouveaux logements, pôle commercial et équipements publics vont profondément changer le visage de l’ancienne Zup sud.

17 000 habitants

En dix ans, le quartier du Blosne est passé de 25 000 à 17 000 habitants.« La rénovation urbaine est destinée à enrayer ce vieillissement, à favoriser la mixité sociale en faisant venir des classes moyennes et des familles », explique Sébastien Sémeril, le premier adjoint. Contrairement aux idées reçues, le Blosne est l’un des quartiers les moins denses de Rennes,« car on y trouve beaucoup d’espaces verts » . Le quartier le plus dense est la partie haussmanienne du centre-ville, du côté de l’hôtel de ville.

Réunions publiques

De nombreuses réunions publiques se sont tenues au cours des derniers mois, parfois dans une ambiance tendue. D’où l’effort de la municipalité, qui veut expliquer cette vaste réhabilitation urbaine aux habitants. Des permanences se tiennent au Pôle social.« L’atout de ce quartier, c’est que nous avons des interlocuteurs exigeants et présents, avec les associations et les collectifs », souligne Éric Berroche, adjoint au maire.« Nous voulons mettre le Blosne au cœur de la ville », ajoute Sébastien Sémeril.

Conservatoire de musique

Après les travaux sur le réseau de chaleur urbain et la construction du pôle de services le Samara, les chantiers vont se succéder. L’équipement le plus important, pour près de 20 millions d’euros, va être le conservatoire de musique, place de Zagreb. Prévu en 2020, il comprendra de nombreuses salles, ainsi qu’un auditorium de 300 places.« Un appel à projets vient d’être lancé, de grands noms de l’architecture, au plan national et international, sont en train de plancher dessus. »

Les autres équipements

Autres équipements à venir : la nouvelle antenne de Pôle emploi (fin 2016) ; la Maison du projet, place de Zagreb, sorte de maison de quartier comme le Cadran, à Beauregard (printemps 2017) ; le nouveau pôle associatif, à l’angle du boulevard des Pays-Bas et du boulevard de Yougoslavie (début des travaux en 2019) ; le centre de secours et d’incendie, à l’angle du boulevard du Portugal et de l’avenue des Pays-Bas (2016) ; la halle multifonctions pour les activités sportives (2020) ; l’école et gymnase Torigné (2020).

1 200 nouveaux logements

Dans la partie est du Blosne, 1 200 nouveaux logements vont être construits, essentiellement en accession à la propriété. Une quarantaine autour du square des HautesOurmes, le promoteur retenu se chargeant aussi d’une autre opération rue de l’Alma. Les nouveaux immeubles seront bâtis sur les parkings actuels. Les copropriétés vieillissantes, mal isolées, vont bénéficier d’une lourde rénovation énergétique, là encore avec des aides financières.

Zagreb, pôle commercial

L’offre commerciale est actuellement dispersée entre les sites du Landrel, de Sainte-Elisabeth et de Torigné. La place de Zagreb, qui accueille le marché du samedi matin, va devenir un nouveau pôle commercial, avec des magasins en rez-de-chaussée des futurs immeubles. La Ville veut aussi mettre en valeurs les cuisines du monde, pourquoi pas avec une halle exotique, comme dans d’autres villes, notamment dans le 18e arrondissement de Paris, où il existe un marché des Cinq continents.

200 emplois à venir

Le Quadri abritera un pôle d’économie sociale et solidaire (ESS), sur 5 000 m², comprenant des cellules commerciales en rez-de-chaussée et des bureaux sur quatre étages, avec 200 emplois espérés à la clé. Le début des travaux est prévu en 2017. Dans la seconde phase, celle qui concernera l’ouest du Blosne, entre 2020 et 2030, l’effort va porter sur l’implantation d’entreprises, pourquoi pas sur l’ancien site de ST Microelectronics.

Sécurité

Du point de vue de la sécurité,« ça va plutôt mieux » , confie Éric Berroche, en regrettant un décalage entre l’image du quartier et la réalité.« La délinquance est en baisse depuis deux ans. Sur les dix premiers mois de l’année, 500 faits ont été constatés, la plupart sans gravité. » Le quartier est classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP) et bénéficie d’effectifs renforcés, y compris pour la police municipale.Olivier BERREZAI.



Des années de travaux : « Il faut être patient »

Depuis des mois, dans le quartier, on vit au rythme des travaux. Dans les rues et avenues, sur les places, au pied des immeubles, on croise des ouvriers, des engins et des cabanons de chantier.« Oui il y a quelques inconvénients au quotidien avec le bruit des engins, la poussière, la boue… Mais les habitants ne se plaignent pas trop », confie Daniel, gardien d’immeuble place du Banat. Tout le réseau du chauffage urbain a été refait dans le secteur.« C’était interminable, et compliqué pour circuler et garer la voiture. Je regardais chaque semaine sur le site internet de la Ville pour savoir quelle rue était interdite. Enfin, c’est terminé pour nous », apprécie Joëlle, qui habite rue de la Volga.

Vue sur la palissade 

Un peu plus loin, au parc des Balkans, des petits collectifs bénéficient d’une rénovation complète, qui passe par l’isolation de tous les logements. Le matériel de chantier a recouvert les espaces verts et les engins sont à l’œuvre tôt le matin.« Il faut être patient. On aura un habitat de meilleure qualité au final », affirme Nicole, qui attend d’ici quelques jours la pose d’un échafaudage sur son immeuble. Du côté du boulevard Louis-Volclair, après le chauffage urbain, voici le chantier du futur Pôle emploi, qui a débuté en septembre dernier. L’immeuble de bureau a poussé juste à côté d’une tour.« Les locataires des premiers étages n’ont plus de soleil et ont une vue sur la palissade », constate Fatia, qui regrette que cette construction, et d’autres à venir, empiètent sur les places de stationnement. Les habitants prennent leur mal en patience et savent que leur quartier se transforme peu à peu. La rénovation urbaine de ce vaste ensemble ?« Ça ne me parle pas trop, reconnaît André, qui vit là depuis une trentaine d’années.Je vois ce qui se passe dans mon îlot, et ces travaux ne me dérangent pas. »
Nathalie FLOCHLAY.
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En millions d’euros, c’est la somme consacrée à la réhabilitation du quartier du Blosne, rien que dans sa partie est. Le Blosne fait partie des 200 quartiers d’intérêt national qui bénéficieront de l’enveloppe de 4 milliards d’euros d’aides financières accordée par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru).


Cérémonies des vœux 2016

En cette nouvelle année qui démarre plusieurs cérémonies des vœux auront lieu ces prochains jours dans le quartier. Voici le calendrier:

 

 

  • Mercredi 20 janvier de 18h30 à 20h30: Vœux au Landrel, dans le local du Cercle Paul Bert.
  • Jeudi 21 janvier de 17h30 à 19h30: Vœux du centre Social Ty Blosne.
  • Vendredi 22 janvier de 18h00 à 20h00: Vœux du Comité de Quartier dans la salle Carambole.
  • Lundi 25 janvier de 18h00 à 20h00: Vœux de l’ARCS au Centre Social Carrefour 18.
  • Vendredi 29 janvier de 19h00 à 21h00: Vœux d’Eric BERROCHE, élu du quartier, au Centre Culturel du Triangle.